L'ambiance me pèse lourd. Je me sens mal, je me sens lourde. J'aimerais être seule dans un endroit où on me foutrait enfin la paix. Pouvoir exploser. Crier. Pleurer. Péter un bon câble. Seule.
Mais je ne peux pas, je suis obligée de supporter tout ça. Les cris, les rires aigus, les caprices... Pourtant j'y met du mien, j'essaye d'être sympa, présente; mais on m'ignore. & ça j'ai encore plus de mal. ça me donne encore plus envie d'être seule; la présence des autres me donne envie de vomir.
Ma respiration se coupe, j'essaie de me retenir de craquer. Je ferme alors les yeux, j'essaye de m'imaginer loin d'ici, mais je ne peux pas, la réalité est trop présente. Alors je m'isole tant bien que mal. Et dès que j'y arrive, je me force encore à ne pas exploser, car si on me voit, on ne va plus me foutre la paix.
Alors j'écris. Ça me permet de craquer en silence, sans que personne ne s'en rende compte; sans que personne n'en souffre. J'essaie de donner un sens à tout le bordel qui y'à dans ma tête, j'essaie de démêler tout les n½uds. Certains pour ça ont besoin de violence, d'un effort physique important, d'autres au contraire ont besoin de repos et de calme. Moi j'ai besoin d'écrire. D'écrire et de chanter. Mais écrire est plus silencieux, et quand j'ai de l'inspiration ça me met dans un état incroyable.
Bientôt une voix va me crier de rentrer. Je ne pourrais pas rester ici à écrire indéfiniment. Dommage au fond, mais je me sens mieux. Tout ça m'a apaisé. Et puis de toutes façons, ai-je le choix ?